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Flux et reflux des licences.

Posté par Sixte sur 02-11-2004 19:23:07 (2765 lectures) Articles du même auteur

De la gestion des vagues et déferlantes en escrime... (1)







Tout le monde en parle, même les médias pourtant si peu diserts habituellement, l’escrime va battre des records d’adhésion après la prestation de ses représentants aux Jeux Olympiques d’Athènes.
C’est maintenant évident et grâce au système d’enregistrement informatisé des licences on peut déjà prévoir la hauteur de la vague, sa crête et son « fetch » ou étendue.
Si certains clubs enregistrent des taux de renouvellement assez normaux, d’autres par contre surprennent par une croissance dépassant les 200%,. Chiffres d’autant plus surprenants que l’enregistrement des licences n’est pas encore terminé et que l’on est en droit d’attendre quelques retardataires ou adhérents en cours de saison.

Quels sont les chiffres habituellement recensés ?
Plus de 730 Clubs d’escrime en France pour une population d’escrimeurs qui va considérablement croître et se densifier .
L'effectif moyen des Clubs a augmenté de 29% en 5 ans et de 58,8% en 20 ans. En 1980 la moyenne des licenciés par club était de 40,70, en 1981 elle est passée à 64,65. A combien sera-t-elle en 2005 ? Certainement au delà des 75 licenciés par club.
Les plus fortes augmentations de licences à ce jour sont souvent celles des années post olympiques. On a enregistré + 27% en 1965, + 19% en 1981 et +25% en 1997… Parfois l’année suivante de cette année faste montre parfois une régression : - 4% en 1998.
Les clubs qui perdent le moins de licences sont statistiquement les clubs compris entre la fourchette 80 à 100 licenciés (perte de 37 à 39% de licenciés) et les clubs qui ont un « turn over » important sont en général, les petits clubs (moins de 35 licenciés) : manque de structure des clubs ? Groupes de travail trop hétérogènes ? Difficultés financières ? Ces petits clubs sont pourtant les plus nombreux (31,68% de clubs de 1 à 30 licenciés et 13% de 31 à 40 licenciés)
Il faut savoir aussi que peu de clubs nouveaux se créent (certaines années annoncent parfois une diminution ; souvent par manque d’enseignant diplômé). Si la FFE a enregistré une moyenne de 10 créations de clubs d’escrime de 1992 à 2002, les chiffres varient de 4 en 1994 à 30 en 1999. Le nombre de clubs qui ferment chaque année sont souvent dans les mêmes proportions.
Les taux enregistrés sur les pertes annuelles de licences fluctuent de 22 à 80% en fonction des clubs.
Ce sont surtout les débutants qui abandonnent : plus l’escrimeur est ancien moins il a tendance à abandonner. Les raisons avouées sont multiples et varient avec l’âge. On trouve le zappeur jeune, l’excuse des études chez les ados, les raisons familiales chez les seniors (surtout féminines), le besoin de changer à tous les âges. On trouve aussi l’enseignement, le coût de la pratique, le manque d’intégration ou de convivialité…
Si l’on fait la moyenne des pertes de licences enregistrées chaque année, on arrive à un taux avoisinant, bon an mal an, 40%. Chiffre qui peut a priori sembler très important mais qu’il faut relativiser : 3% d’entre eux sont attribués aux mutations et 25% d’entre eux reprendrons l’escrime un jour.
Ce taux n’est d’ailleurs pas propre à l’escrime, les chiffres donnés par la fédération de judo annoncent les mêmes chiffres et répartis de façon identique sur les catégories (poussins à seniors).
Curieusement, le taux de féminisation du judo et de l’escrime est comparable : 28%. L’escrime se féminise toutefois plus avec l’augmentation de l’âge des pratiquantes, ainsi le taux de féminisation des seniors femmes escrimeuses atteint 37% contre 16% chez les poussines (et la parité est atteinte chez les dirigeants).
Le taux d’abandon des féminines est cependant toujours plus important que celui des hommes, et cela dans toutes les catégories.

Les enseignants d’escrime en France ont été dénombrés : un peu plus de 900 répartis en brevetés d’état (BE3, BE1 et BE2) et diplômés fédéraux (prévôts, moniteurs, initiateurs). Seulement 29% des enseignants enseignent l’escrime comme activité principale, ce qui montre que 71% d’enseignants d’escrime exercent ce métier comme activité complémentaire. Chiffre édifiant qui peut vouloir dire beaucoup de choses : que l’enseignement de l’escrime et les salaires attribués ne sont pas assez attractifs, que l’escrime ne se professionnalise pas au niveau des enseignants, que certains clubs ne se donnent pas les moyens d’assurer un enseignement diplômé, que les CDD sont nombreux, … ?
50 enseignants d’escrime (seulement) annoncent proposer l’escrime artistique dans leurs cours.
Nous ne connaissons pas encore la répartition des enseignements par arme (fleuret, épée, sabre). Ce qui est certain, c’est que l’épée gagne du terrain sur les autres armes (au masculin comma au féminin).

Conséquences prévisibles
Il était important de connaître ces chiffres car l’augmentation massive des licenciés entraîne des conséquences qu’il vaut mieux prévoir :
- Les cours d’escrime dans les clubs peuvent être surchargés, générant des problèmes de sécurité et d’organisation ;
- L’escrime reste classée dans les activités à risque potentiel comme la natation (bien que les chiffres officiels d’accidents prouvent le contraire) et en cas d’accident les assurances chercheront toujours un responsable. Les effectifs des cours chez les débutants ne devraient pas dépasser ceux imposés en natation (15 élèves).
- Les installations ne suffisent plus (locaux trop petits) et le matériel souffre (pistes, tenues, armement)
- L’enseignant doit consacrer plus de temps à des problèmes matériel et à des problèmes d’ordre (consignes, organisation pédagogique), donc moins de temps aux interventions pédagogiques et techniques.
- Diminution des possibilités de leçons individuelles
- Le matériel pédagogique et les tenues que le club prête viennent à manquer. Surtout en cette période où les normes CE sont imposées et qu’il convient de faire respecter ;
- Les fournisseurs de matériel sont souvent en rupture de stock et les délais posent problèmes
- A cela s’ajoutent évidemment les problèmes liés aux compétitions extérieures au club (effectifs surchargés et imprévisibles,... )
- Tout cela peut entraîner lassitude, désenchantement, des abandons rapides et prévisibles. A moins que…

Plusieurs solutions peuvent être apportées
Il existera toujours un taux d’abandon incompressible mais en étant attentif et après réflexion, certains départs devraient être évités.

Au niveau du club
Pour faire face à la déferlante des nouvelles adhésions le club peut
- Augmenter les plages horaires et fragmenter les groupes ;
- Limiter les inscriptions ou pratiquer la sélection ;
- Recruter un enseignant supplémentaire.
Au delà de ces mesures connues, il faut savoir que, comme pour les collèges et les lycées, les clubs de sport ont une réputation positive ou négative patinée par le temps. En d’autres termes, il existe un effet club labellisé par des critères précis.

Une bonne salle d’armes se caractérise d’abord par son enseignement (87% des personnes interrogées) et la convivialité qui y règne (83%). Viennent ensuite l’organisation de la salle d’armes pour 59% (répartition des cours, horaires, planning annuel, fonctionnement du bureau, …) et les structures matérielles et logistiques pour 54%. N’oublions surtout pas les résultats des escrimeurs : les succès sportifs et les manifestations locales, les réussites aux examens et concours (blasons, arbitrage, formation)…
Les adhésions comme les défections sont très largement tributaires de cet effet salle d’armes où interviennent les variables pertinentes suivantes :
- Le degré d’aide fonctionnelle et la participation de l’Etat et des collectivités (subventions et sponsoring) ;
- Le degré d’investissement des parents dans la vie du Club (Bureau, bénévolat, manifestations, …) ;
- Le degré d’investissement du Président et du Bureau dans la qualité de l’enseignement (conditions matérielles, liberté pédagogique, relations, reconnaissances, contrats, ...)
- Le degré de coordination et de cohésion de l’équipe éducative (Directeur de Salle et enseignants, programmation, objectifs pédagogiques et contrats,… )
- Le degré de clarté et d’explication des objectifs visés (affichage des résultats, compétitions ou formation, site et journal du club, ...)
- Le degré de coordination, de structuration et d’explication des règles collectives de fonctionnement (discipline, assiduité, règlement de la salle, règlement intérieur, ...)
- Le degré d’évaluation et de pilotage des progrès des élèves (programmation, examens, blasons, tests, classement, …)
- Le degré de valorisation de la réussite (tableau d’honneur, récompenses symboliques, attention, reconnaissance, motivation, diplômes, ...)
- le temps d’apprentissage réel et type de pédagogie (densité et variété des cours, méthodes adoptées, aspect ludique, convivialité, relations entre les tireurs, ...)

Au niveau de l’enseignant
L’escrimeur se soucie d’abord de l’enseignement d’une salle d’armes (87% des sondés) avant d’y rechercher la convivialité (83%) et la qualité de l’organisation (59%).
L’enseignant doit surtout savoir dispenser son savoir et ses méthodes : être pédagogue (54%). Il doit être attentif aux besoins, être à l’écoute (39%). C’est le moteur essentiel d’une convivialité qui est recherchée (27%). Il faut qu’il soit sérieux (25%) et motivé (15%). Ses qualités techniques pourtant essentielles n’intéressent que 17% des réponses et viennent surtout après les qualités pédagogiques et didactiques..
On rappellera ici que l’expertise de l’enseignant dépend de six facteurs définis par Tochon dans « Les critères d’expertise dans la recherche sur les enseignants », Mesure et Evaluation en Education, 1991
Ces variables identifiables sont
- L’expérience (les années d’enseignement et celles de formation académique et professionnelle).
- La connaissance de l’escrime (au niveau « académique » de pratique, de technique et aussi culturel).
- La connaissance pédagogique (scientifique, procédurale et méthodologique)
- La pratique réflexive permanente (formation continue et participation à des recherches, remise en cause)
- La capacité à expliciter ses connaissances et à formaliser ses pratiques à différents niveaux d’écoute (tutorat, conseiller pédagogique, formateur de formateur, rédaction d’articles et de publications).
- La reconnaissance sociale de l’expertise (recommandation, désignation par ses pairs, plan de carrière).

Nous ne saurions trop conseiller l’enseignant d’escrime d’utiliser la leçon collective. Privilégier les formes jouées et une pédagogie globale pour les jeunes. Eviter les méthodes analytiques réservées aux confirmés. De l’assaut vers la technique. Varier aussi les formes de pédagogie et jouer sur la transversalité : enseigner toutes les armes, former à la compétition, à l’arbitrage, apprendre à réparer et à conseiller…
Etre attentif aux absences répétées, signes d’une lassitude ou d’un problème. Ne pas hésiter à prendre son téléphone pour prendre des nouvelles et re-motiver.
Prendre les adresses électroniques de tous les élèves et leur envoyer régulièrement informations, programmations, cours théoriques, rendez-vous importants, … Renforcer l’aspect convivialité, l’écoute et les sources d’informations
Organiser régulièrement des compétitions amicales en variant les thèmes et le règlement (manière de scorer, handicaps, relais mixtes, …).
Informer et former les parents (revues, journal du club, portes ouvertes, …)
Ménager des temps de rencontre extra-escrime (fêtes, sorties, repas, …) et des lieux accueillants pour escrimeurs et parents (coin lecture, coin vidéo, lieux d’informations, musique d’ambiance, …).
L’entité de l’escrimeur étant constitué de plusieurs facettes qu’il faut essayer de satisfaire, on doit se poser les questions suivantes après un entraînement ou un cours : les escrimeurs sont-ils satisfaits au niveau physique, technique, affectif et mental. Selon les réponses négatives ou positives … vous devinez la suite !

Conclusions
Le club d’escrime, la cellule la plus importante en escrime, est en fait une pyramide à 4 faces qui s’articule autour de 4 pôles : les escrimeurs, le maître d’armes, la discipline escrime et le milieu structurel.
La qualité d’un club dépend de la cohésion et de la qualité de ces 4 pôles. Si un élément est faible, la pyramide a tendance à s’effondrer.
Si l’élément technique était par tradition, et reste encore très important, on voit apparaître maintenant un aspect qui prend de plus en plus d’importance au sein du club : l’aspect relationnel et convivial.
Les escrimeurs ne sont plus de simples consommateurs et le fast-food les attire moins qu’auparavant. Pour faire appel à cette métaphore gastronomique, nous dirions qu’ils s’intéressent maintenant aussi au cadre du restaurant, à la composition du menu, aux convives avec lesquels ils partagent la table. Certains souhaitent mêmes savoir comment préparer les plats et veulent progressivement goûter toutes les spécialités, et pourquoi pas manger minceur ou diététique.
Cette conception consumériste de l’escrime demande donc des techniques de vente adaptées, des vendeurs attentifs et conscients des demandes, et certainement des structures à adapter...

1.Pour éviter aussi les vagues à lames!
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Auteur Discussion
scholie
Publié: 02-11-2004 20:18  
Fait partie des meubles
Joint: 12-07-2003
De: Troll officiel d'EI
Commentaires: 1330
 Re: Flux et reflux des licences.
Nettement plus intéressant que les histoires de valeur ou lien social, blablabla.
J'espère que nos candidats à la présidentielle, ont ces informations en main.
"71% d’enseignants d’escrime exercent ce métier comme activité complémentaire" : ça, c'est une info... qui laisse dubitatif.
Les solutions apportées restent très partielles.
Je crois que le modèle "économique" et "sportif" des clubs reste à définir. C'est le véritable défi que doit absolument relever le futur président.

Citation :

Prendre les adresses électroniques de tous les élèves et leur envoyer régulièrement informations

Evidemment, tout le monde aura compris qu'il ne faut surtout pas les transmettre à la FFE, qui se dépêcherait de les vendre, comme elle l'a annoncé (cela doit correspondre aux fameuses valeurs de l'escrime...)

Rappel
sabreman
Publié: 04-11-2004 12:01  
De passage
Joint: 28-09-2003
De:
Commentaires: 1
 Re: Flux et reflux des licences.
Bonjour,
je m'occupe d'un journal de club et je trouve votre article très intéressant. Me serait-il possible de recopier une partie de cet article afin de le diffuser dans notre journal. Bien entendu, je siterais les sources et ne changerai aucun mots de votre texte
Merci de me repondre rapidement
sportivement votre
Sixte
Publié: 04-11-2004 12:28  
De passage
Joint: 14-02-2003
De:
Commentaires: 11
 Re: Flux et reflux des licences.
Bonjour Sabreman,

Aucun problème pour vous et pour ceux qui souhaiteraient utiliser cet article qui a pour but essentiel d'aider les clubs d'escrime à mieux gérer demandes et possibilités...
Surtout le club de (la citadelle de) Lille où j'ai presque débuté avec Me Neau et où je n'ai que de bons souvenirs, et je crois, quelques amis que je salue en tierce et en sixte.
totoloc
Publié: 16-11-2004 11:52  
Bavard
Joint: 16-11-2004
De: au pays des volcans
Commentaires: 29
 Re: Flux et reflux des licences.
Bravo pour votre article synthétique.
Concernant nos enseignants, je voudrais apporter un petit complément qui n'apparaît pas dans vos propos mais qui pourtant est le quotidien de notre club, plus largement de notre département (Haute Loire) voire de notre ligue (Auvergne) et je me permets de penser que nous ne sommes pas les seuls : c'est la difficulté (l'impossibilité?) structurelle à recruter un maître d'armes à temps plein, même à des conditions financières intéressantes, dans un département éloigné d'une grande métropole, d'autant plus que cette denrée est rare et manque cruellement, le ratio offres/demandes du site de la fédération étant révélateur à ce sujet.
Comme beaucoup, nous avons vu en septembre dernier de nombreux jeunes et...moins jeunes venir pousser la porte de notre salle d'armes pour s'inscrire et c'est un véritable crève coeur de devoir refuser des adhésions par manque d'encadrement.
Nous savons tous que la formation de cadres est un des piliers de la pérennité d'un club : En interne, nous formons bien sûr des prévots,moniteurs ...malheureusement ceux ci s'évaporent dans la nature, le temps des études supérieures venu....Que faire?...

Que peut faire la fédé en matière de formation?
Y a -t'il une réelle volonté de promouvoir notre discipline au niveau national?
Faut-il ouvrir ce recrutement aux pays étrangers, porteurs d'une histoire en escrime (Hongrie, Pologne,...)?

autant de questions pour l'instant sans sans réponses et qui me laissent perplexe...
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