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Les deux amants de Lyon
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En ce 1er janvier 2009, pour fêter la nouvelle année, je vous propose une petite histoire vraie : un fait divers s'étant déroulé en mai 1770, ayant pour principal protagoniste un maître d'armes de Lyon : Faldoni.
Point d'escrime dans cette histoire qui a marqué les esprits et a donné lieu, dans les quarante années qui ont suivi, à divers commentaires et quelques oeuvres.

Voici l'histoire contée Fernand Baldenberger (spécialiste de littérature comparée) dans un extrait d'un article tiré Revue d’Histoire de Lyon, de 1902.

Citation :

Les deux amants de Lyon

Les registres paroissiaux d'Irigny (Rhône) renferment deux procès-verbaux dressés à la date du trentième mai 1770 en vertu d'une ordonnance rendue par Mr. le Juge de la juridiction d’Irigny, et constatant l’inhumation de deux personnes: « Marie Lortet, fille du sieur Lortet dit Meunier, traiteur, demeurant à Lyon, rue Sirène, et de Claudine Girardin, son épouse » ; « sieur Faldoni, maître en fait d'armes, demeurant à Lyon, dont on ignore la patrie ». Un renvoi mis en marge de ce dernier acte porte ces mots : « Italien de nation ». Tel est, dans sa brièveté administrative, le témoignage le plus impersonnel qui subsiste d'un fait divers lyonnais dont le retentissement fut singulier à la fin du XVIIIème siècle. Ces deux noms, que l’état- civil réunissait sur la même page d'un registre, étaient ceux des « deux amants de Lyon », qui, n'ayant point voulu être séparés par le destin, s'étaient ensemble réfugiés dans la mort : double suicide accompagné de circonstances qui attirèrent sur ce couple désespéré l'attention du public, et dont la littérature a conservé le souvenir.
Le Journal encyclopédique de juin 1770 publia une lettre adressée de Lyon dès le 31 mai, « au sujet d'un double meurtre entre amant et maîtresse ». « Il vient de se passer ici, écrivait l'anonyme correspondant lyonnais, une scène affreuse. Un Italien, nommé Faldoni, maître en fait d'armes, ayant fait un violent effort dans un de ses exercices, les chirurgiens lui annoncèrent de se préparer une mort qui ne pouvait être éloignée. Ce malheureux était depuis quelque temps passionné pour une demoiselle qui l’aimait avec une égale ardeur. L’avis des chirurgiens fit d'abord naître entre ces deux amants les transports du désespoir. L'Italien jaloux ne pouvait se résoudre à laisser son amante après lui; et celle-ci protestait qu'elle ne pourrait lui survivre. Sur ces assurances, Faldoni roule dans sa tête l’idée la plus funeste; mais avant de l’exécuter, il veut éprouver la sincérité des sentiments de sa maîtresse. Dans un moment de tendresse et de douleur, il lui fait répéter plusieurs fois que sans lui la vie lui est odieuse ; alors tirant de sa poche un flacon: c'est du poison, dit-il, et à l’instant il avale. Son amante éperdue lui arrache le reste, et le boit avec avidité ; mais il lui avoue qu'il n'a voulu qu'éprouver son amour et son courage »
Faldoni, feignant de céder aux instances de ses amis, affecte « d'être rendu à lui-même », et s'éloigne de Lyon. « Quelques jours après, la demoiselle demande à ses parents, témoins de son douloureux état, d'aller prendre l’air dans leur maison de campagne au village d'Irigny, sur les bords du Rhône, à 2 lieues d'ici ; l'Italien ne tarde pas à s'y rendre muni de deux pistolets, et, de concert avec lui, elle écrit à sa mère pour lui faire de funestes adieux. Après avoir écarté les domestiques, ils se renferment dans la chapelle de la maison. Là, ces deux amants, assis au pied de l'autel, se sont liés ensemble par le bras gauche avec un ruban, de manière qu'ils avaient chacun un pistolet appuyé contre le cœur et, en s'écartant un peu, le ruban a fait partir les détentes; ils se sont tués tous les deux au même instant. Cependant la mère s'était hâtée pour prévenir cet affreux projet ; mais elle ne trouve plus que les deux cadavres. Sa fille avait les yeux bandés avec un mouchoir, et Faldoni la tête couverte du coin de sa redingote. Ce misérable, qui a entraîné à un si cruel sacrifice une victime
digne d'un meilleur sort, avait trente ans, et son amante à peine vingt. Cette scène tragique a transpiré, et la justice a envoyé sur les lieux pour faire exhumer ces deux cadavres. »
Cette relation, reproduite par les journaux de l'époque, rendit l'aventure des amants de Lyon, assez banale au fond digne de mémoire et d'attendrissement. Les âmes sensibles du temps, si promptes aux larmes, s'apitoyèrent sur ce couple infortuné. Sans doute les détails matériels de ce double suicide - la campagne toute proche, l’autel témoin de ces noces tragiques, les deux détentes partant au même instant - n'étaient-ils point pour déplaire à un âge qui raffinait volontiers sur sa sensibilité. Il n'est pas jusqu'à ce « ruban » fatal qui n'ait d’apparaître intéressant : on le verra blanc au rose, comme un accessoire de bergerie. En tout cas l’Esprit des Journaux pourra écrire, à treize ans de là, dans sa livraison d'octobre 1788 : ; « On n'a pas encore oublié la tragique histoire des deux amants de Lyon, Le bruit de leur mort a d'abord été consigné dans le Journal Encyclopédique, et a retenti partout. » La Correspondance littéraire de Grimm dira de même, et à la même date : « La catastrophe est connue. »
La chronique et l'érudition lyonnaises ont reproduit, avec quelques variantes légères, le récit de ce fait divers de 1770. Amplifié, dénaturé ou interprété selon des préférences d'écrivains ou d'époques, il a laissé sa trace dans la littérature de la fin du XVIIIe siècle et du commencement du XIXe siècle. Et s'il n’a pas, comme d'autres faits divers retentissants, suscité un Werther, un Rouge et Noir, une Affaire Clemenceau ou un Disciple, ce n'est pas faute d'avoir tenté l'ingéniosité des littérateurs ou attiré leur attention.

(… suit une analyse détaillée des effets littéraires de ce fait divers)

Date de publication : 01/01/2009 21:19
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