https://www.fencing.my-solutions.fr/contents/fr/d2053_Page-51.html
Connexion
Nom d'utilisateur :

Mot de passe :

Se souvenir de moi



Mot de passe oublié?

Inscrivez-vous!
Menu principal
Qui est en ligne
106 utilisateur(s) en ligne (2utilisateur(s) en ligne sur Articles)

Membres: 2
Invités : 104

duns26, zorro51, plus...
Infos du site
Webmaster
Vincent
Vincent
Co-Webmaster
marion
marion
 
Reportages
sarah
sarah
 
Actu, ...
vTROTTA
vTROTTA
 
Modérateurs
sebv
sebv
 
flo-
flo-
 
matthieu
matthieu
 
Agecanonix
Agecanonix
 
Calendrier
flo-
flo-
 

Traduction

Google Bablefish

L'escrime au féminin - Quelques repères

Posté par Sixte sur 25-10-2004 15:47:09 (5059 lectures) Articles du même auteur
« Je me suis vanté toute ma vie en me faisant passer pour une femme ».
Le Chevalier d’Eon (1728 – 1810)

Si la femme a fait preuve, en tous temps, de qualités de vaillance, d’énergie et d’adresse, ce n’est pas pour autant que les arènes sportives leur furent ouvertes facilement.
Pierre Bourdieu (1988) écrivait que « la force de l’ordre masculin se voit au fait qu’il se passe de justification ». Justification inutile car inscrite dans une nature biologique et fondée sur un discours idéologique. L’inculcation des dispositions sexuées n’est pas loin, il se fait d’abord par le traitement du corps, de façon inconsciente et durable.
« A travers la masculinisation des corps masculins et la féminisation des corps féminins s’opère une somatisation de l’arbitraire culturel, c’est-à-dire une construction durable de l’inconscient » (Bourdieu, 1988). Ces quelques réflexions devraient nous aider à mieux comprendre pourquoi la science des armes et l’escrime n’ont été souvent réservées qu’à l’homme, malgré quelques exceptions notables.

Déjà, aux Jeux Olympiques d’Athènes, la femme revendiqua une place : ces Jeux anciens de Grèce ont duré plus de 11 siècles (de – 776 à + 393 après J. C.) et, contrairement à la croyance populaire, des compétitions pour les jeunes filles eurent lieu à Olympie en l’honneur d’Héra, elles se déroulaient tous les 5 ans, en dehors des Jeux Olympiques (1). « Les jeunes filles étaient classées selon leur âge et devaient couvrir, comme les jeunes garçons, (2) 1/6 ème du stade et obtenaient un prix d’honneur, également une couronne tressée. Les concurrentes à la course portaient un court chiton, elles couraient les cheveux défaits, l’épaule et le sein droit dénudés » (3).

A Rome, les patriciennes des plus illustres familles (les Lapides, les Métellus, les Fabiens) ne craignaient pas de prendre le casque et la tunique des gladiateurs et de descendre dans l’arène des munus (4). Il fut un temps où la femme romaine venait demander des leçons aux rudiaires (maître d’armes) : elle supportait la pression de la visière du casque, s’essoufflait à porter l’armure tout en s’escrimant au poteau sous les commandements du professeur. Juvénal (5) attaque vertement cette virilisation par l’escrime : « voyez avec quelle ardeur elles portent les coups … le but contre lequel elles s’escriment, le bouclier au bras, est criblé de coups d’épées dans toutes les règles de l’art ».
Rome eut donc ses gladiatrices (ou gladiateures) qui, selon Juvénal, « s’efforçaient à porter des coups, sous les yeux d’un lanistae (maître d’armes) ». Il écrivait d’ailleurs, à propos de ces patriciennes éhontées qui combattaient dans les cirques romains : ferrum est quod amant ! Sous l’empereur Sévère, un combat opposant des femmes fut organisé et attira une multitude de spectateurs.

Plus récemment, de nombreuses comédiennes portaient sous Louis XIII, le costume masculin et mettaient facilement l’épée à la main. L’une d’entre elles, Madelaine d’Aubigny dite La Maupin (1673 - 1707) nous est un peu plus connue. « Disciple de Mars par l’intermédiaire des Maîtres d'Armes de la Cour et du baron de Césane, sous l’emprise d’Aphrodite par tempérament, adepte de Melpomène par l’éducation que lui fit donner son père, le Grand Ecuyer du Roi et secrétaire du Comte d’Armagnac Gaston d’Aubigny...Telle pourrait être la synthèse de la vie tumultueuse de la Maupin.
Si le pré, l’alcôve et la scène furent son domaine c’est que l’escrime, l’amour et le chant furent ses passions. Le prévôt d’armes Théodore de Sérannes et le Comte d’Armagnac lui donnèrent ses premières leçons qu’elle prit avec enthousiasme et assiduité : magister dixit. Théophile Gautier nous la fit revivre dans un de ses romans, mais celui-ci semble fade face à la réalité dissolue de ce Chevalier d’Eon au féminin. Elle prit en effet l’habit masculin par goût et par provocation, parfois par nécessité. Déguisée et cravachant son cheval, elle échappa aux poursuites du parlement d’Aix qui l’avait condamnée au bûcher pour enlèvement d’une... jeune fille dans un couvent. Mariée à un marchand, elle le quitta le lendemain des noces ; cette nature infidèle portait souvent son cœur là où visait l’épée. Le Comte d’Albert ne devint-il pas son amant après des joutes sur un autre terrain ?
Les duels de la Maupin furent célèbres et souvent mortels, ils l’obligèrent un temps à quitter la France pour la Belgique où elle devint la « maîtresse d’armes » de l’Electeur de Bavière. Confite en vertu, elle mourut en France en 1707, à 34 ans, après avoir fondé un hospice. »
Brantôme, véritable chroniqueur de son époque Renaissance, observe que les nobles dames « s’agendarmoient ». Cervantès rapporte le fait d’un jeune homme faisant des armes avec sa maîtresse et Tallemant des Réaux cite dans ses Historiettes, mille « ferrailleries de preuses et gentifames ». Au Moyen Age, des tournois féminins s’organisaient en Italie et en Allemagne et la chronique scandaleuse conserve le souvenir de duels de femmes : celui de Mmes de Nesles et de Polignac pour le Duc de Richelieu, ceux de Mme de Chasteau-Gay ou de Mme la Douze, de Sylvie de Molière ou de Mlle Durieux…
Dans Pour bien faire du sport de Fémina - bibliothèque (1911) on relève quelques anecdotes révélatrices sur l’escrime au féminin et sur les mentalités de l’époque : l’histoire de la fille du roi Caidre au Moyen Age, de Marie de Pouzzole - contemporaine de Pétrarque - ou des dames allemandes du 15e, de la Beaupré, de Mme de Samois,... toutes escrimeuses et duellistes.

L’escrime féminine en France a longtemps été un épiphénomène ignoré par les profanes. Les chevalières de Maupin d’Aubigny se font rares jusqu’au 20e siècle et il faut attendre 1900 pour voir les premiers assauts publics féminins, souvent donnés par des femmes ou filles de maîtres d’armes (Desmedt, Mérignac, Gabriel, Ruzé,...). Avant cette date les escrimeuses étaient tolérées et, comme l’écrivait Emile Zola, « elles passaient leurs après-midi à faire voleter autour d’elles les pointes émouchées de lames trempées dans l’acier de leur ennui ».
Aurélien Scholl, dans Fruits défendus nous narre à sa manière la femme d’épée : « A neuf heures du matin, la femme de chambre annonce : le maître d’armes de madame ! Et l’on entend bientôt le joyeux cliquetis, les appels, les hourras. Madame saute, rompt, s’élance, se fend, ses joues sont roses, sa respiration entrecoupée. Madame est vaillante, madame est fière, madame se sent vivre… ».
Jean Joseph Renaud reconnaît en 1910 dans une revue de « l’escrime française » que « l’escrime féminine est plus pratiquée à Londres qu’à Paris, et que l’escrime demande souplesse et malice, qualités dont les femmes ne sont pas dépourvues ».
Desbarolles attribue à l’escrime d’autres valeurs : « et pourquoi les femmes ne feraient-elles pas des armes après tout ? L’exercice de l’escrime fait circuler le sang et vient ajouter à l’éclat de la peau les couleurs de la santé. Les formes deviennent plus belles ».
Si les valeurs physiologiques et physiques de l’escrime semblent être partageables, l’esthétisme des escrimeuses ne fait pas que des adeptes. H.G.Berger (6) nous donne son sentiment sur cette pratique féminine qui s’installe à la fin du siècle dernier : « Les femmes n’aimaient pas comme maintenant, à pratiquer l’escrime. Je n’ai jamais compris pour elles, ce sport violent demandant des qualités de tête et de combativité morale et physique que, par nature, elles n’ont pas. L’escrime n’est pas de la plastique et la fente des armes et la transpiration ne siéent pas au beau sexe. ». Autrement dit, la vocation biologique et sociale de la femme est tout autre : être belle (le masque d’escrime les cacherait), être forte pour enfanter de beaux escrimeurs et de futurs soldats
Alexandre Berges abondait aussi dans ce sens (mai 1895), dans un opuscule intitulé « l’escrime et la femme » : « appliquer l’escrime à la jeune fille, c’est lui rendre la conscience de sa force et de sa valeur. Habituer, familiariser sa timidité et ses craintes avec l’acier dont elle armera le fils qui, au jour des tempêtes, nous donnera la victoire : c’est là un devoir auquel je m’associe. » Sedan n’était pas très loin et l’on voyait alors fleurir les bataillons scolaires.
L’émancipation féminine est déjà, en ce début du 20e siècle, un long combat à fleurets démouchetés heureusement approuvé par certains: « des femmes aussi fréquentent et ne dédaignent point de faire assaut, le joli sexe a toutes les qualités requises pour tenir le fleuret et faire face à l’ennemi ; la nature, les nerfs, le don d’observation rapide, tout l’aide, jusqu’à la ruse... ; par cet exercice, les femmes se développent, acquièrent une énergie qui manque à beaucoup d’entre elles » Letainturier-Fradin.
Madame Gabriel, fille et épouse de maître d’armes décroche le diplôme de maîtresse d’armes après avoir commencé l’escrime en 1886 pour raison médicale. Elle créa en 1894 le « Cercle d’Escrime des Dames » mais son enseignement n’eut pas le succès escompté.

On notera qu’il fallut attendre 1907 pour voir le 1er Championnat du Monde au fleuret féminin à Londres, et 1924, aux J.O. de Paris pour attribuer la 1ère médaille olympique de fleuret féminin (25 participantes). On attendra les Jeux d’Atlanta en 1996 pour connaître la 1ère médaillée olympique à l’épée féminine : il s’agissait de Laura Flessel. Le sabre féminin attendra 2004.
Nous ne possédons que peu de chiffres précis concernant la pratique féminine de l’escrime à la « belle époque » et c’est tout à fait regrettable ; toutefois nous pouvons affirmer que cette pratique était un épiphénomène en France et une pratique dépendante du contexte masculin. L’escrime semble toutefois faire figure « d’avant-gardisme » par rapport à d’autres sports. Des documents iconographiques témoignent également de l’intérêt porté à l’escrime féminine avant 1900, pratique qui resta cependant cantonnée au fleuret.

Une analyse rapide et historique de la pratique féminine antérieure à notre époque (7) permet de constater que l’escrime n’a pas été la dernière pratique physique à se féminiser, bien au contraire il fut certainement un précurseur et un novateur en cette circonstance. Notons également que l’escrime fut le 5ème sport olympique à se féminiser. Il reste toutefois à replacer ces pratiques féminines anciennes dans le contexte de l’époque où l’escrime était un moyen de protection et de défense parfois plus utile et plus urgent qu’un recours à un avocat. D’autre part nous savons que la haute bourgeoisie féminine a alimenté les suffragettes et les Associations féministes du début du 20ème siècle. L’escrime étant à cette époque un sport essentiellement bourgeois et aristocratique, il n’est donc pas étonnant qu’il ait été rapidement féminisé. Comme nous le verrons, cette avancée armes à la main n’est pas allé très loin.

Pour traiter ce sujet avec rigueur, il eût été nécessaire de posséder toutes les données concernant l’évolution des pratiquantes depuis 1900, à la fois en escrime et dans les autres sports. Si cela n’a malheureusement pas été possible, les chiffres obtenus sont toutefois significatifs .

L’obligation de se « masquer » ne conviendrait pas trop aux préoccupations du sexe faible, mais, à l’opposé, la domestication des pratiques et donc leur euphémisation est-elle un attracteur ? Les connotations « militaires » de pratiques ancestrales souvent mortelles seraient-elles un frein possible à la féminisation ? Si l’on est en droit de se le demander on peut toutefois remarquer que cette féminisation a une croissance régulière (+6% en 37ans) et que la corrélation avec celle des hommes est régulière : 0,999 ( soit proche de 1).
L’escrime se féminise donc progressivement et apparaît comme l’un des sports les plus paritaires. En 1977, avec 24% de licenciées féminines, l’escrime se classait, 8ème sport olympique féminin sur 22 et 11ème sport sur 48, tous sports confondus, derrière le ski, le tennis, la gymnastique volontaire, la gymnastique ou les sports équestres (8).
Une étude plus poussée, plus affinée sur l’ensemble des licenciés de 1996 à 2001 donne les effectifs et les répartitions suivantes : jeunes filles (22,26%), femmes (5,81%) et hommes (71,93%)

Les garçons et adolescents ne sont pas répertoriés dans le fichier des licences en tant que tel mais les répartitions masculines et féminines des catégories poussines à juniors nous donnent les taux suivants en 2001: Poussins Hommes : 15.55 %, pupilles Hommes : 13.40 %, benjamins H. : 10.40 %, minimes H. : 7.38 %, cadets H : 4.33 % et juniors H. : 3.14 %. Soit un pourcentage de jeune hommes de 54.2 %. Nous obtenons donc une répartition où l’on constate que les garçons et les jeunes – hommes occupent une place très importante au sein du monde de l’escrime, les adultes n’occupant qu’à peine ¼ de la population.

Nous avons analysé la répartition de ces licenciés masculins et féminins au sein des catégories d’âge pour comprendre à quel niveau la féminisation était la plus marquée.
L’analyse des données recueillies dans ce tableau de répartition des pourcentages de pratiquants masculins et féminins par catégorie de1985 à 2001 permet d’effectuer plusieurs constats forts intéressants :
- La catégorie des « poussins » est la moins féminisée mais évolue vers une meilleure répartition entre les sexes et progresse régulièrement de 14 à 18% en l’espace de 5 ans.
- Les moins « sexistes » parmi les pratiquants sont sans conteste les seniors (37% en 2001) et les dirigeants (48% en 2001, parité de 50% atteinte en 2003)
- Ce qui est assez remarquable dans cette pratique féminine, c’est sa progression régulière des poussins aux seniors. Il serait intéressant de savoir pourquoi la féminisation augmente avec l’âge des pratiquants : est-ce dû à un facteur physique, intellectuel ou émotionnel ? Nous constatons aussi que la féminisation n’est pas liée à une meilleure fidélisation.
Si l’on compare d’autre part, les écarts dans chaque catégorie entre 2001 et les années précédentes, on s’aperçoit que la répartition « hommes / femmes » a changé tout au long de la pyramide des âges, même si certaines catégories ont du mal à l’afficher. Cette progression est sujette à fluctuation d’année en année mais varie de 1985 à 2001 de 1 à 6 points. Les postes de dirigeant se féminisent le plus au sein des clubs, il est vrai que la F.F.E. semble montrer l’exemple en matière de parité au sein de ses Commissions.

« L'Épée, avec un « É » majuscule, c'est à la fois le fer, la force, la chevalerie, la noblesse ou la soldatesque. Et les femmes... ce sont ces êtres faibles et pervers, qui ne pensent qu'à l'Épée, pour la posséder, la séduire, la tromper et l'amollir... Et voilà pourquoi l'homme n'est plus ce qu'il était !... »
in l’épée et les femmes d’Ed. de Beaumont

Quelques éléments de comparaison avec un sport cousin, le judo :

Chaque sport affiche une pratique féminine particulière et quelques auteurs ont classé les sports par taux de féminisation (9). Nous savons que certains sports sont pratiquement réservés aux femmes (gymnastique volontaire, gymnastique artistique, danse aquatique…).
Il nous a paru intéressant de juxtaposer les chiffres d’un autre sport cousin. Nous avons choisi un sport duel, dont les résultats aux J.O. sont souvent comparables à ceux de l’escrime (pas en 2004) : le judo.
Le tableau de répartition des licenciés en catégories depuis 1991 montre une augmentation des licenciés dans les petites catégories (de 4 à 10 ans) ; après l’âge de 10 ans les pourcentages ont tendance à diminuer au fil des ans.

Les courbes juxtaposées de répartition des licences en escrime et en judo laissent apparaître une grande similitude de profil à de rares exceptions près mais notables : la population du judo fréquente plus jeune les tatamis que les escrimeurs les salles d’armes. Les escrimeurs semblent fréquenter les salles d’armes à un âge plus avancé que ne le font les judokas
La comparaison des proportions entre garçons et filles, dans les différentes catégories d’âge en judo et en escrime montre également la grande similitude des courbes entre ces deux sports cousins à plus d’un titre. Les deux courbes représentant les filles, se croisent au niveau de la jointure « benjamins / minimes » laissant apparaître une meilleure féminisation en escrime dans les catégories les plus âgées.
On s’aperçoit que les courbes de féminisation judo augmentent aussi avec l’âge, mais de façon plus importante en escrime. D’autre part les pourcentages de licenciés (hommes et femmes) sont plus importants en judo dans les petites catégories, l’escrime est en comparaison avec le judo, un sport qui se pratique plus longtemps et plus âgé.

Si la parité n’est pas encore pour demain l’escrime évolue dans ce sens, mais encore lentement. L’image de certaines championnes d’escrime n’y est certainement pas étrangère.

Nous laisserons Bergès Alexandre, (L’escrime et la femme, Paris, 1896.) conclure ces propos qui ne demandent qu’à s’étoffer de vos remarques
« J’ai écrit L’escrime et la femme, certain d’obtenir l’assentiment de tous ceux qui pensent que l’épée sied à la femme autant qu’au gentilhomme »
« L’escrime, toute de vitesse ou d’imprévu ; de rusées demandes ou de fougueuses réponses, d’attaques méditées et suspendues sur une menace de l’adversaire, de réflexions soudaines¸ d’audacieuses tentatives ou de calme intermittent, l’escrime, disons nous, agit et porte avec méthode sur la généralité du sujet … L’escrime développe l’intelligence, rend l’à-propos plus facile, et par la vitesse de réflexion qu’elle exige, la sûreté de jugement qu’elle demande, prépare le cerveau aux rapides compréhensions. Appliquer l’escrime à la jeune femme, c’est lui rendre la conscience de sa force et de sa valeur.».

Références :
L’entrée des Jeux Olympiques était par contre interdite aux femmes sous peine de mort
2 Les 37e Jeux, de 632 avant notre ère, virent pour la première fois des compétitions réservées aux garçonnets de moins de 18 ans
3 Raconté par Pausanias dans « Olympie et ses jeux », d’Heinz Schobel, 1965.
4 Munus est le nom que l’on donne aux combats de gladiateurs qui prirent place de – 264 à + 410 après J. C. : soit 650 ans !
5 Juvénal, (60-140), poète latin auteur des Satires où il attaque les vices de son époque. Ici, 6e Satire.
6Henri Georges Berger, 15 ans d’escrime, 1923.
7 Six Gérard, 2000, pp 21 et 86
8 Christian Pociello, 1981
9 Pociello Christian, Sports et société, approche socio-culturelle des pratiques, Vigot. Paris,1981

A lire
L’épée et les femmes, Ed de Beaumont, 1881
Les femmes de sport, Baron de Vaux.
Pour bien faire du sport, Fémina Bibliothèque, 1912
L'escrime et la femme, Bergès Alexandre, 1896
La Maupin, Letainturier-Fradin, 1906

Quelques citations et extraits
« Sans le duel, j’en ai la conviction, le respect que l’on se doit disparaîtrait d’une partie de la société ; les hommes deviendraient médisants entre eux, comme la plupart des femmes le sont entre elles ; jugez où en serait la société avec de pareils éléments ! ».
Cordelois, Leçons d’armes, 1862.

« Avec une charmante escrimeuse, on est plus souvent tenté de prendre le pour que le contre ». Saint Albin

Un professeur d’escrime de Vienne, M. Harti, amena à Paris des escrimeuses effectuant des assauts publics, prenant la leçon et pratiquant l’escrime à deux mains. Le costume de ces escrimeuses « était d’une coquetterie irréprochable et, malgré cela, ne manquait pas de réserve. Sur un maillot bleu ou grenat, une jupe de même couleur descend sur le genou, le corsage est en laine et de même couleur que la jupe, il se complète par un plastron de peau jaune capitonné serré derrière par des courroies de couleur identique. Les sandales sont vernies et le masque en cuir rouge. Les fleurets dont se servent les élèves du maître Harti sont légers, garnis d’une coquille comme des épées de combat.
La première partie se compose du grand salut (le mur) très bien réglé, entre toutes les élèves, puis à des assauts succèdent des leçons qui prouvent que les élèves suivent sérieusement l’enseignement de leur maître, lequel, après un assaut, donne simultanément la réplique à deux des meilleures et des plus solides adeptes du fleuret ». Le Journal Illustré du 15 février 1885 – n° 7 – p. 52.

Escrime (21 décembre 1883)
Chez nous l'Éternel Féminin
A pris un essor léonin.
Les femmes les plus délicates
Sont avocates.

D'autres, ayant le charme empreint
Sur leur front, dont nous n'avions craint
Que les œillades assassines,
Sont médecines.

Celles-là, dont le vent mutin
A follement, dès le matin,
Baisé les boucles et les tresses,
Sont les peintresses.

Celles-ci, cœurs inexpliqués,
Mettent en rhythmes compliqués
Leurs mélodieuses tristesses
De poétesses.

D'autres par l'esprit le plus fin
Nous ravissent. D'autres enfin,
Et certes ce n'est pas un crime
Font de l'escrime.

Elles en font même très bien.
Carolus Duran ne sait rien
Vraiment que désormais ignore
Ninette ou Laure.

Ces tireurs, qu'Amour effleurait,
Tiennent maintenant le fleuret,
Enchaînant avec mille charmes
Leurs phrases d'armes.

Que n'as-tu pu voir, ô Balzac!
Leurs ripostes du tac au tac,
Leur jeu correct et leur mimique
Académique!

Aussi bien que l'homme hideux,
Elles savent faire: Une! Deux!
Quant à leurs attaques d'allonge,
C'est comme un songe!

Qu'elles mènent agilement
Les changements d'engagement!
Quand un homme est leur adversaire,
Mon cœur se serre.

Car bien vite mécontenté,
Il est toujours au fond tenté
De tomber aux pieds de ce sexe
Et, tout perplexe,

Il se sent devenir poltron
À voir frémir sous le plastron,
Comme une cruelle épigramme,
Un sein de femme.
Théodore de Banville (Moulins, 823 - Paris, 1891)
Format imprimable Envoyer cet article à un ami Créer un fichier PDF à partir de cet article
Les commentaires sont la propriété de leur auteur. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Discussion
vieuxbretteur
Publié: 27-10-2004 11:28  
Fait partie des meubles
Joint: 01-10-2002
De: tabouret de droite au bar du lagardarem lou racing
Commentaires: 2924
 Re: L'escrime au féminin - Quelques repères
quelle erudition! et distillée de façon si plaisante !bravo, cher Maitre......je vous livre un petit ajout:le taux de feminisation augmente avec l'age mais est ce vrai en veteran ?je suis toujours etonné de voir la superiorité numerique britannique et allemande face aux françaises et italiennes
scholie
Publié: 27-10-2004 16:30  
Fait partie des meubles
Joint: 12-07-2003
De: Troll officiel d'EI
Commentaires: 1330
 Re: L'escrime au féminin - Quelques repères
Courage sixte.
La dernière fois que vieuxbr... a loué ma propre érudition, quinze jours après, il me reprochait de n'avoir rien à foutre d'autre que d'écrire sur l'escrime. Donc, attention au retour de bâton.
et vive les femmes...
vieuxbretteur
Publié: 27-10-2004 17:01  
Fait partie des meubles
Joint: 01-10-2002
De: tabouret de droite au bar du lagardarem lou racing
Commentaires: 2924
 Re: L'escrime au féminin - Quelques repères
cher Scholie, je continue à admirer votre erudition.Je n'approuve pas toujours le choix redondant des causes au service desquelles vous la mettez......PS "vivent les femmes"me semblerait plus approprié
scholie
Publié: 27-10-2004 17:09  
Fait partie des meubles
Joint: 12-07-2003
De: Troll officiel d'EI
Commentaires: 1330
 Re: L'escrime au féminin - Quelques repères
Érudition (je crois qu'il y a un accent...) personnelle, infiniment moindre que celle de sixte, que je malmène, mais que j'admire.
(Vive : interjection ; remarque : devant un nom pluriel, l'accord peut se faire ou non (Petit Larousse))
melunsenator
Publié: 29-10-2004 09:47  
Habitué
Joint: 23-04-2004
De: Paris
Commentaires: 189
 Re: L'escrime au féminin - Quelques repères
oui il ya un accent, mais jamais sur une majuscule...
scholie
Publié: 29-10-2004 15:24  
Fait partie des meubles
Joint: 12-07-2003
De: Troll officiel d'EI
Commentaires: 1330
 Re: L'escrime au féminin - Quelques repères
Sans blague ! Jamais d'accent sur une majuscule !
C'est marrant, parce que dans mon petit Larousse à moi, tous les mots sont avec une majuscule : exemple ÉRUDITION.
Et puis, quand j'ouvre mes d'autres livres, il y a toujours un accent sur les majuscules, pour les mots qui en prendrait un s'ils étaient écrits en minuscule.
Dis donc : tu as déjà ouvert un livre ? Ou, en restes-tu aux forums sur internet ?
melunsenator
Publié: 30-10-2004 13:52  
Habitué
Joint: 23-04-2004
De: Paris
Commentaires: 189
 Re: L'escrime au féminin - Quelques repères
Sérieusement, t'as quel age ?
parce que t vraiment grave toi !
tu t'y crois un peu trop, tu trouves pas ?!
faut etre plus cool dans la vie...
scholie
Publié: 30-10-2004 17:55  
Fait partie des meubles
Joint: 12-07-2003
De: Troll officiel d'EI
Commentaires: 1330
 Re: L'escrime au féminin - Quelques repères
Cher Dark Vador (je crois que c'est par ce nom que tu souhaites qu'on t'appelle, mon grand garçon).
Le sujet de l'article n'est pas ta haine envers moi, mais un tout autre sujet, en rapport avec l'escrime (et oui, diantre, l'escrime).
Donc, sois gentil et retourne à tes cahiers à colorier.
melunsenator
Publié: 30-10-2004 17:59  
Habitué
Joint: 23-04-2004
De: Paris
Commentaires: 189
 Re: L'escrime au féminin - Quelques repères
t contente ??? sa te fais un com' de plus !!!
fleuretman
Publié: 30-10-2004 18:04  
Fait partie des meubles
Joint: 19-04-2003
De: 77
Commentaires: 1845
 Re: L'escrime au féminin - Quelques repères
Keske vous avez contre les coloriages ?? il y en a qui n'en ont jamais fait ici je pense !
Cassé ! avec un accent sur le e ! je suis d'accord avec Darth Vader !
Escrime-Info : Mentions légales